Danièle  Forte

Le Patchwork est venu à moi, il y a 25 ans, à la suite d'une reconversion professionnelle, circonstance douloureuse qui peut, finalement, prendre des aspects positifs. 

Ce changement a fait de ma vie une passion quotidienne. Adhérente de la première heure de la Fédération France Patchwork, partageant avec une amie très proche cette découverte (pour moi), je lui suis redevable d'avoir fait de ce passage difficile une passerelle vers une vie en couleurs, en étoffes, en projets enthousiasmants. 

Je ne me suis jamais lassée de cette sorte de frénésie qui s'empare de moi au moment de reproduire, au début, et créer ensuite des pièces si différentes qu'elles resteront, à jamais, uniques et personnelles ! 

Après une installation géographique à Châteaurenard, j'ai été poussée, par tout un contexte d'art traditionnel provençal, à m'initier et à pratiquer le véritable "Boutis" provençal, technique authentique et originale propre à la région Provence-Languedoc. 

Je m'étends largement sur ce sujet passionnant par ses origines dans le volet BOUTIS. 

Depuis plusieurs mois, je reviens à mes amours premières, à savoir le Patchwork contemporain. 

Retour aux sources : couleurs primaires, formes géométriques, alphabet Vasarely (auquel je rends volontiers hommage), perspective et Op art, avec une sensibilité particulière pour les couleurs vives, mais aussi pour les nuances de gris, noir, blanc. 

Les tissus remplacent le pinceau, les couleurs s'associent comme sur une toile et je me dis que ces créations peuvent prendre le nom de "tableaux" et s'accrocher sur un mur pour l'animer, le rendre plus joyeux, ou interpeller le spectateur par des effets différents selon le femps, l'heure, l'humeur. 

Je ferais bien mienne cette citation de Perre SOULAGES : "L'oeuvre vit du regard qu'on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu'elle est, ni à celui qui l'a produite. Elle est faite aussi de celui qui la regarde. (Je ne demande rien au spectateur, je lui propose une peinture, il en est le libre et nécessaire interprète)"